Numérique responsable en entreprise

Sommaire

Aujourd’hui, le numérique est omniprésent dans notre travail. Levier important, il est cependant la cause d’une grande pollution. Savez-vous comment agir pour limiter cet impact ? Voici 10 bonnes pratiques pour ancrer le numérique responsable dans vos habitudes de travail.

La pollution numérique, qu’est-ce que ça représente ?

Le numérique étant si vaste, il nous est difficile de savoir par où commencer. Symbole de la dématérialisation, son impact environnemental reste flou pour nous tous.

Selon GreenIT.fr, l’empreinte annuelle du web serait de l’ordre de 1500 tonnes d’équivalent CO2 et 7,8 milliards de m3 d’eau.

Le numérique émet à lui seul 3,7% des émissions de gaz à effet de serre mondiaux, l’équivalent du secteur aéronautique.

Il est donc temps d’agir, autant dans sa vie personnelle que professionnelle. Voici quelques pistes pour limiter l’impact environnemental du numérique dans son travail.

eco-gestes à son échelle pour limiter la pollution numérique

Bonnes pratiques numériques : le rôle du matériel électronique

Premier point (et le plus important) sur lequel nous pouvons limiter l’impact environnemental du numérique : la gestion du matériel électronique.

1. Limiter sa consommation d’appareils électroniques en entreprise

Selon GreenIt.fr, la pollution numérique est due aux ¾ à la fabrication des appareils électroniques. En cela, limiter leur nombre est l’action ayant le plus d’impact sur la pollution numérique. Gérer la quantité d’appareils revient à se poser les questions suivantes :

  • Ai-je déjà un appareil électronique similaire ou qui fait le même travail ?
  • L’acte d’achat vient-il d’un besoin ou d’une envie ?
  • Est-il pour suivre la tendance actuelle ?
  • Existe-t-il une alternative à l’achat de cet appareil ? (prêt d’un appareil, utilisation d’un substitut moins coûteux pour l’environnement)

Ces questions peuvent être résumées en une seule phrase : “en avons-nous vraiment besoin ?”. L’achat d’un appareil électronique ne doit pas être anodin, il est important de réfléchir avant de passer à l’acte d’achat.

2. Allonger la durée de vie de ses appareils en trois phases

Si la réponse à la question précédente est “oui”, plusieurs gestes permettent alors de limiter l’impact environnemental de cet appareil :

  • Phase 1 : l’achat

Lors de l’achat, plusieurs possibilités s’offrent à vous pour limiter l’impact environnemental de l’appareil sur sa fabrication.

Premièrement, vous pouvez opter pour un appareil reconditionné ou de seconde main. Certains organismes comme Backmarket ou Commown vérifient les appareils et les remettent à neuf si besoin. Il est tout à fait possible d’acquérir un ou plusieurs ordinateurs pour votre entreprise en passant par ces organismes. Le coût y est souvent moins cher que pour un appareil neuf.

Deuxièmement, si vous préférez opter pour un appareil neuf, des labels écologiques existent.

Que font ces labels ? Ils certifient les appareils d’un impact environnemental plus faible que d’habitude et/ou d’une fabrication plus équitable.

Quelques exemples de labels du numérique responsable :

  • L’Ecolabel européen “EU ecolabel”;
  • Le Nordic eco label”;
  • Epeat”;
  • Ange bleu”
  • Tco certified”.

Nous pouvons prendre l’exemple de Fairphone, smartphone équitable et durable, qui est certifié Fairtrade et Ecovadis.

  • Phase 2 : l’utilisation

Lors de la phase d’utilisation de l’appareil, en prendre soin permettra de le garder plus longtemps.

Voici 3 astuces pour garder votre appareil électronique plus longtemps :

  • Prendre des antivirus
  • Correctement charger la batterie sont des gestes pour garder un appareil électronique plus longtemps et ainsi participer à un numérique plus écologique.
  • Préférez aller faire réparer votre appareil plutôt que d’en changer.

Si le problème vient seulement de la batterie (ou d’une autre pièce simple à réparer), il n’est pas nécessaire de changer entièrement l’appareil.

Le saviez-vous ? //  Les batteries Lithium

Les batteries lithium n’aiment pas être poussées à l’extrême. Il faut donc éviter les charges complètes de 0 à 100% et préférer charger votre batterie dès que possible (25 ou 30% maximum). Cependant, il est utile de faire une charge complète de votre batterie une fois par mois et lorsque qu’elle dysfonctionne (votre appareil s’éteint alors qu’il affiche 30%).

  • Phase 3 : fin de vie

Lors de la fin de vie de votre appareil, deux choix sont possibles.

  • Si l’appareil est défectueux et que vous ne pouvez le réparer, recyclez-le. Il existe des points de collecte Eco-systemes dans différents magasins ou grandes surfaces. Vous pouvez aussi recycler vos appareils électroniques dans une déchèterie.
  • S’il est encore utilisable, donnez votre appareil à des associations ou particuliers. Si vous êtes salariés et que le matériel électronique est géré par votre employeur, ce geste tient de son ressort, n’hésitez donc pas à vous renseigner ce qui est fait et au besoin à orienter votre manager vers un point de collecte

3. Éteindre les équipements électroniques

Et oui, plutôt que de les mettre en veille, préférez éteindre vos équipements électroniques.

Selon une étude de Powermetrix, les appareils en veille mobilisent en permanence l’équivalent de 2 centrales nucléaires.

Que ce soit dans un cadre professionnel ou personnel, éteindre ses appareils électroniques permet d’éviter le gaspillage d’énergie. À la sortie des bureaux, pensez donc à éteindre ou débrancher les box internet ainsi que les ordinateurs, imprimantes… Sur une année, le gain d’énergie peut s’avérer considérable.

4. Gérer l’hébergement

Une partie moins visible mais pour autant énergivore du matériel électronique en entreprise, reste les serveurs où sont stockées les données.

En effet, selon votre rôle dans l’entreprise, vous avez plus ou moins accès à cette partie. Le stockage des données peut être lié aux équipes techniques de l’entreprise ou à son ou sa dirigeant-e.

La plupart des entreprises stockent des données relatives à celle-ci sur des serveurs hébergés dans des datacenters.

Le choix de tel ou tel datacenter a un impact sur l’empreinte carbone de l’entreprise. Héberger des données (ou un site internet, une application, etc) demande une énergie en continu pour alimenter les serveurs 24h/24.

Choisir un hébergement plus écologique, les critères : 

  • Le PUE (Power Usage Effectiveness) : il calcule l’efficacité énergétique des serveurs. L’idéal est que celui-ci se rapproche au mieux de 1.
  • Les normes ISO 14001 sur le management environnemental et ISO 50001 qui certifie la performance énergétique.

En exemple d’hébergements plus responsables, nous pouvons citer Infomaniak et Aonyx. Ces deux hébergeurs sont respectivement situé en Suisse et en France avec un PUE à 1,1. Pour être conforme aux normes RGPD concernant la protection des données, il est important que celles-ci soient hébergées en Europe.

Utilisation du digital : les bonnes pratiques vers un numérique responsable

Le deuxième point sur lequel s’appuyer pour devenir une entreprise à numérique responsable concerne l’utilisation du digital.

5. Rechercher sur le web :

Nous sommes tous habitués à taper la moindre question sur notre moteur de recherche préféré. De simples ecogestes peuvent limiter la pollution générée par celle-ci.

Conseil n°1 : le choix du moteur de recherche

Premièrement, l’enjeu se joue sur le choix du moteur de recherche. Plusieurs alternatives plus responsables peuvent être choisies.

Voici trois moteurs de recherche écolo :

  • Ecosia, le plus connu. C’est un moteur de recherche qui plante des arbres. En effet, il fonctionne entièrement grâce à des énergies renouvelables et plante des arbres grâce aux bénéfices générés avec les recherches.
  • Lilo, un moteur de recherche français qui permet à ses utilisateurs de donner à des associations au choix. Vous avez donc la possibilité de financer des associations et/ou organismes qui luttent contre le réchauffement climatique.
  • Ecogine, dans les plus petits, est un moteur de recherche associatif, éthique et écologique.

Pro tips :

Pensez à installer votre nouveau moteur de recherche préféré sur votre téléphone également.

Conseil n°2 : passer par les liens directs

Deuxièmement, privilégiez les liens directs lors d’une recherche sur le web. Sauvegarder des pages en favoris, naviguer via les liens proposés lorsque l’on tape une requête… Tout cela diminue les requêtes faites aux serveurs et, ainsi, diminue leur consommation d’énergie.

6. Communiquer écologiquement

Communiquer de façon écoresponsable en entreprise

La communication via des outils numériques (mail, messagerie en ligne, slack…) a un impact moins important que les gestes précédents, comme la gestion du matériel.

Cependant, à l’échelle d’une entreprise, celle-ci peut avoir une empreinte environnementale accumulée. Des gestes simples comme éviter les communications inutiles par e-mail ou autre permet d’instaurer une approche plus sobre du numérique (on parle de « sobriété numérique »). Si votre collègue se trouve dans vos locaux et qu’il y a une possibilité, pourquoi ne pas directement aller le voir ?

Pour limiter le poids des messages envoyés, notamment des e-mails, plusieurs petits gestes accumulés peuvent avoir un impact.

3 astuces pour réduire l’empreinte écologique de vos e-mails

  • Éviter les signatures électroniques avec une image ou un gif. Privilégiez du texte car les médias peuvent alourdir l’email.
  • Supprimer vos mails inutiles et désinscrivez-vous de newsletters que vous ne consultez pas.
  • Utiliser des services mails tels que Ecomail en lieu et place de Google.

7. Concevoir via les outils numériques

Pour ce qui en est de créer et de concevoir avec des outils numériques, plusieurs gestes sont à adopter.

Premièrement, utilisez des outils en local plutôt qu’en ligne. Ainsi, toutes vos données seront stockées sur votre ordinateur contrairement aux outils en ligne où celles-ci sont stockées sur des serveurs. Cela nous mène à notre deuxième point : préférez stocker vos fichiers et informations sur votre ordinateur (ou un disque dur externe) et non sur le cloud. Malgré son côté pratique, ce type de stockage est énergivore.

Si, malgré tout, vous avez besoin d’avoir vos données en ligne car vous travaillez à plusieurs sur certains fichiers, par exemple, des hébergeurs écologiques tels que Infomaniak proposent des solutions cloud plus responsables.

Aller plus loin dans les pratiques du numérique responsable

Pour aller plus loin, le collectif We Act 4 Earth a mis en place une formation sur la thématique du numérique responsable.

Cette formation à l’écologie numérique permet d’appréhender la notion de numérique responsable en découvrant le périmètre qu’il couvre et les enjeux écologiques et sociaux le concernant. Réel tour d’horizon de ses acteurs, enjeux et actions, elle donne, clés en main, la compréhension nécessaire au sujet. La formation partage notamment les bonnes pratiques applicables instantanément dans votre entreprise. Elle est particulièrement bien adapté pour les Freelances, TPE et PME.

À retenir sur les bonnes pratiques du numérique écologique

Pour conclure, le numérique est un outil dont nous devons saisir les différents aspects, impacts et enjeux, dans l’optique de mieux l’utiliser.

Certains gestes ont plus d’impact que les autres, notamment la gestion de son matériel électronique.

Cependant, il ne faut pas négliger les autres qui restent importants comme le stockage des données en local. L’objectif est d’agir chacun à notre échelle pour intégrer le numérique à un futur plus responsable. En cela, je vous conseille d’utiliser votre curiosité pour découvrir les alternatives au digital plus classique. Des ecogestes accumulés ont un impact sur notre planète.

Alizée Colin – blogueuse “Le bon digital” – Profil Linkedin

Le blog We Act 4 Earth

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