Illustration Isabelle Michaud

Sommaire

1) Rencontre : Qui es-tu ?

Bonjour Isabelle, peux-tu te présenter en une phrase (âge, ville, métier) ?

Bonjour, je m’appelle Isabelle, j’ai 48 ans, j’habite dans une petite ville au nord de Toulouse et  je suis consultante et formatrice en responsabilité sociétale des entreprises depuis janvier 2020.

Dis nous le plus simplement possible en quoi consiste ton métier.

J’accompagne les entreprises dans la mise en place de leur démarche de développement durable. Mon objectif principal est de créer du lien pour que l’engagement soit facilité, qu’il soit rentable et qu’il permette de donner du sens au  travail des salariés .

Comment es-tu devenue une entrepreneure responsable ?

J’ai quitté le monde du conseil agricole en juin 2018 parce que je ne m’y retrouvais plus .  Mon poste était celui de cheffe de service dans une chambre d’agriculture, humainement cela se passait bien, mais je ne trouvais plus de sens. Il m’était difficile de vivre les écarts entre les remontées du terrain par les éleveurs et mes collaborateurs, et certains choix des élus. Parallèlement, j’ai fait un bilan de compétences en 2017 qui m’a fait du bien car ça m’a ouvert des pistes quant à la possibilité d’une reconversion.  Grâce à un coaching à la reconversion et quelques mois passés en tant que bénévole chez Merci René (c’est eux qui m’ont fait découvrir ce qu’était vraiment la R.S.E) j’ai compris que l’entrepreneuriat pouvait être fait pour moi.

Mon engagement est ressorti dans mon bilan de compétences mais il a toujours été présent. Dans la famille, on est très sensible à l’environnement. On skie en hiver et on surfe l’été et on fait toujours attention à ne rien laisser derrière nous. Au quotidien, nous tentons d’avoir une consommation la plus responsable et locale possible. Tout cela, j’avais besoin de le transmettre au niveau des entreprises. Dans mon ancien job, il n’y avait pas toutes ces considérations là, même si certains salariés étaient sensibles , j’ai donc creusé la question de l’entrepreneuriat !

Raconte-nous ton parcours ? (études, expérience pro)

Depuis toute petite, j’avais une idée très précise de ce que je voulais faire : travailler dans la nature et dehors. J’ai donc fait un Bac S, orienté SVT puis, j’ai erré en fac de biologie car n’étant  pas doué en math, mon dossier n’avait pas été accepté ailleurs. J’ai trouvé ma voix 2 ans plus tard en BTS agricole où je me suis éclatée ! On était dehors, sur le terrain, même si je n’étais pas forcément d’accord avec le système de production enseigné. Je me suis du coup intéressée à l’agriculture biologique. J’ai ensuite fait 1 an de prépa pour intégrer une école d’ingénieur à Clermont Ferrand. On peut dire que j’ai fait un Bac +7, voire 8 mais très sinueux ! Les profs me disaient qu’avec un parcours comme ça allait être compliqué de trouver du travail mais j’ai rapidement été embauchée à la chambre d’agriculture de dordogne à la sortie de mes études ! Cette expérience a duré 2 ans et bien que très enrichissante,  j’ai travaillé avec quelqu’un de toxique et donc pris la décision de rentrer à Toulouse où j’ai fait ma vie avec mon mari. J’ai ensuite retrouvé du travail à la Chambre d’agriculture à Montauban .

Quel a été ton déclic écolo ? ( sauf si déjà répondu dans la question précédente)

Il n’y a pas eu un grand déclic, j’ai été élevée de cette manière dans le respect de la nature ! Par exemple, on ne jetait pas de papier par terre et je peux vous dire que dans les années 70 c’était bizarre ! J’ai été formatée comme ça. J’ai passé beaucoup de vacances sur les plages de l’Atlantique. Un des déclencheurs a été la tempête Erika, il y a 18 ans. L’été suivant la catastrophe,où on est parti, mon chéri et moi, en camion pour surfer au nord de l’Espagne et là, le choc… Voir tous ces gens en combinaison en train de ramasser les galets souillés de pétrole suite à la tempête, c’était un événement marquant.

Il y a eu ensuite la naissance de mes fils. On s’est dit qu’à notre échelle on devait les préserver de tout ça et on voulait qu’ils puissent avoir tout ce dont on a pu profiter sur la planète.
De mon côté, j’adore la photo, notamment celles  de Yann Arthus-Bertrand. Il montre avec ses clichés  que la terre est bourrée de trésors ! Comment l’Humain peut-il saccager ça.

Je ne me vois pas fonctionner différemment, c’est un cheminement de vie.

Pourquoi avoir rejoint l’asso WA4E ?

J’ai vu passer les posts de pré lancement de l’association sur LinkedIn par Florian (Bourguignon) et il m’a sollicité pour rejoindre son réseau. On a fait une réunion visio durant l’été et ça a été comme une évidence qu’on chemine ensemble. Il m’a présenté le concept et j’ai été emballée car un collectif d’indépendants engagés au service d’autres entreprises sur le volet  éco-responsable, c’était ce que je voulais, c’était le combo gagnant. Cette communauté d’entraide au service d’autres entrepreneurs = la notion de partage d’échange !

D’ailleurs, tu fais quoi à WA4E ?

Je suis bénévole active depuis la fin de l’été. J’ai rédigé deux guides, un sur les éco-gestes en entreprises et un autre sur la mobilité douce qui sortira bientôt.
Je fais aussi partie de la team CSR (=RSE en français). J’y ai rencontré pleins de monde dont beaucoup de femmes engagées où on partage beaucoup de choses de nos propres expériences. Notre rôle est de mettre en place la démarche RSE pour l’association WA4E, histoire que le cordonnier ne soit pas le plus mal chaussé (dixit Florian)!

Explique le/la “thématique” en une phrase (dans le cas des auteur.e.s de guide ou formateur.ice.s)

  • Guide des éco-gestes : l’objectif est de présenter un maximum de gestes du quotidien que les entreprises peuvent mettre en place en faveur de l’environnement, (ex: la consommation d’énergie, le tri des déchets, l’achat de matériels neufs…). C’est une succession de solutions clé en main faciles à mettre en place !
  • Guide de la mobilité douce : l’objectif est d’amener une réflexion sur la mobilité des personnes et marchandises au sein de l’entreprise et proposer des solutions concrètes que ce soit au niveau de l’entrepreneur lui-même  (comment chacun peut réfléchir à sa façon de voyager, de se déplacer) ) ou bien des entreprises (comment les salariés voyagent et viennent travailler, comment les produits de l’entreprise sont acheminés, etc…).

2) Pour t’inspirer

Un film /reportage / citation / livre / rencontre qui a marqué ton parcours d’entrepreneur.e engagé.e

  • Le film “Human” de Yann Arthus-Bertrand,  c’est un reportage que je ne regarde que quand je suis de bonne humeur car il est très fort et me touche beaucoup !
  • Un livre “L’avenir de l’eau d’Erik Orsenna , à mettre dans toutes les mains ! Très bien écrit où il explique les enjeux géopolitiques liés à l’accès à l’eau et tout ce que cela entraîne en termes de  guerres et d’inégalités.
  • Les livres de Julien Vidal qui m’ont accompagnés dans mon processus d’évolution personnel  et professionnel
  • Une association Surfrider Fondation Europe qui se trouve à Biarritz. Avec mon mari nous devons faire partie des premiers adhérents lors de la création de l’antenne  et on trouve leur travail formidable !

3) Passer à l’action

3 actions à mettre en place tout de suite pour créer de l’impact positif (avec ta société, si c’est pertinent).

Concernant mon entreprise, je souhaite :

  • Réfléchir à un business modèle qui se fasse dans la durée. J’ai fait le choix d’intervenir au maximum localement pour diminuer les déplacements et mon empreinte carbone.
  • Lancer très prochainement mon site internet éco-conçu grâce au super travail Claire Lavergne et Jean-Baptiste Couton du Studio Darman à Toulouse.
  • Créer ma cagnotte Gandee en avril, pour reverser automatiquement un % de mon chiffre d’affaires, dédié au financement et au fonctionnement d’association (environnementale ou humanitaire, je n’ai pas encore choisi ).

4) Les bonus qu’on adore

Le dernier grand event (marquant) dans ta vie (ex : jeune papa, tour d’Europe en vélo, lancement boite, etc)

La vie est un événement à elle toute seule ! *sagesse d’Isabelle*

Quel est ton talent caché ?

Pas sur qu’il soit très caché mais je suis une irréductible optimiste ! Mon grand-père maternel, qui a traversé l’Espagne en plein hiver en 1936, disait toujours : “Il y a toujours  une solution à tout et une opportunité partout !”.

Sinon, je sais m’endormir dans le canapé juste en m’asseyant !

Le profil Linkedin d’Isabelle

Marine Schmitt

Marine Schmitt

Article illustré par Estelle Chambon, Steliegraphie.